| Steppe - sous le regard d'Atatürk… - Turquie
Sur le plateau anatolien, je me découvre pour quelques heures un compagnon fidèle : un chien m’accompagne de loin pendant une dizaine de kilomètres. Sans un bruit. Jamais à moins de 20 mètres de moi. Lorsque je le regarde, il s’arrête et dès que je détourne les yeux, il reprend sa marche. Lorsque je fais une pause d’un quart d’heure, il se couche sagement et m’attend avant de reprendre la route derrière moi. Pas un aboiement. Juste un attachement attendrissant que je ne m’explique pas. Je l’affuble du nom d’Atatürk. Ce n’est pas très respectueux pour le généralissime, mais ça fait couleur locale. Finalement, Atatürk me quitte au hameau suivant. Son affection éphémère rachète un peu le caractère vindicatif de la plupart de ses congénères.
À peine deux jours auparavant, un molosse avait failli me tailler en pièces. Je n’avais dû mon salut qu’à la petite bergère de chèvres arrivée à la rescousse et qui avait durement bastonné son animal en représailles. Tout au long de mon périple, les chiens se révélèrent finalement plus dangereux que les hommes. | |