![]() Du XVIe au XVIIIe siècle, les jésuites déployèrent une intense activité missionnaire jusque dans contrées les plus reculées. Au Levant, ils s’attachèrent moins à tenter de convertir les musulmans qu’à s’efforcer de ramener les différentes confessions chrétiennes à l’orthodoxie romaine. Les missionnaires devaient fournir à leur supérieur un véritable rapport ethnographique sur les territoires qu’ils couvraient. Ces relations parurent sous le titre de Lettres édifiantes et curieuses. Destinées en principe à faire connaître aux dévots les progrès du christianisme hors d'Europe, elles répondaient surtout au goût du public pour les voyages et l'exotisme. |
Ces saints monuments, que la Providence divine a pris soin de conserver, sont en effet les seuls objets qui méritent d'être vus dans Jérusalem. La ville n'est ni grande ni belle : on peut en faire aisément le tour en une heure. Elle renfermait autrefois en son enceinte le mont de Sion. Elle n'en contient présentement qu'une petite partie. Ses rues sont étroites, malpropres et mal pavées. Il y a toujours à monter et à descendre. Elle regarde l'orient en descendant.
La ville est sans trafic et, par conséquent, très pauvre : son principal revenu consiste dans le profit qu'elle fait avec les pèlerins. Les Grecs y ont plusieurs églises et couvents. Celui du patriarche est le plus beau. Son église est dédiée à Sainte Hélène et à Saint Constantin, canonisés par les Grecs. Les Arméniens, les Coptes, les Syriens ont aussi leur monastère avec église. Les Juifs y ont leur quartier et leur synagogue. Les mahométans y ont plusieurs mosquées : la plus belle et la plus révérée des Turcs est celle qui occupe la place où le Temple de Salomon était bâti.
Lettres des jésuites du Levant
Ed. Desjonquères
Cette page est adaptée d'un entretien avec les auteurs du livre Lettres des jésuites du Levant.